Les formulaires F6001 à F6005 expliqués

Cinq formulaires, environ deux cent quarante lignes au total. Voici ce que chacun porte, quels comptes du plan comptable tunisien l'alimentent, et les endroits précis où un mappage approximatif se transforme en rejet.

Mis à jour le 6 août 2026 Environ 11 minutes de lecture Français العربية

Vue d'ensemble

Les cinq formulaires ne sont pas de tailles comparables, et cela dit déjà quelque chose du travail que chacun représente :

FormulaireContenuLignesSe déduit de la balance ?
F6001Bilan, actif détaillé68Oui, intégralement
F6002Capitaux propres et passifs53Oui, intégralement
F6003État de résultat détaillé89Oui, intégralement
F6004Flux de trésorerie27Oui, si l'on dispose des soldes d'ouverture
F6005Résultat fiscalVariableNon, exige des décisions fiscales

La ligne à retenir est la dernière colonne. Quatre formulaires sur cinq sont un reclassement : à partir de la même balance, ils donnent toujours le même résultat. Le cinquième demande un jugement professionnel qu'aucun outil ne peut se substituer.

F6001 : bilan actif détaillé

F6001 reprend la partie actif du bilan et l'éclate en 68 lignes, organisées en deux grands blocs, actifs non courants puis actifs courants, chacun descendant jusqu'à un niveau de détail que l'état financier publié ne montre jamais.

La structure suit celle du plan comptable :

Le point délicat : les amortissements et provisions

Le formulaire attend des valeurs nettes, poste par poste. L'amortissement d'un matériel de transport doit donc venir en diminution de la ligne « matériel de transport », et non d'un total global. Cela suppose de redistribuer chaque compte d'amortissement ou de provision vers la ligne d'actif à laquelle il se rapporte, en remontant du compte le plus précis vers le plus général. Un amortissement rattaché au mauvais poste laisse le total juste et les deux lignes fausses, ce qui est exactement le type d'erreur qu'un contrôle d'équilibre ne détecte pas.

F6002 : capitaux propres et passifs

F6002 est l'autre moitié du bilan, en 53 lignes. Le bloc des capitaux propres suit directement les subdivisions de la classe 1 :

Ligne du formulaireAlimentée par
Capital socialComptes 10
RéservesComptes 11
Résultats reportésComptes 12
Autres capitaux propresComptes 14 et 18
Résultat de l'exerciceRésultat net calculé, plus les comptes 13

Viennent ensuite les passifs non courants (emprunts, provisions pour risques et charges, autres passifs financiers) puis les passifs courants (fournisseurs et comptes rattachés, clients créditeurs, État et collectivités publiques, dettes au personnel, concours bancaires).

Notez la ligne « clients créditeurs » au passif. Elle n'est pas décorative : c'est la contrepartie obligée de la ventilation des comptes de tiers selon le sens du solde. Un client dont le solde est créditeur à la clôture est une dette de l'entreprise, et il se présente ici, pas en diminution des créances clients à l'actif.

F6003 : état de résultat détaillé

Avec 89 lignes, F6003 est le formulaire le plus long, et de loin celui où le fossé entre l'état publié et la version fiscale est le plus large. Là où un état de résultat présente « achats consommés » en une ligne, le formulaire attend :

Le même principe s'applique aux revenus, décomposés en ventes de marchandises, produits finis, produits intermédiaires, produits résiduels, travaux, études et prestations de services, produits des activités annexes, chacun net de ses propres rabais et ristournes.

Les charges de personnel suivent la même logique : salaires, indemnités représentatives de frais, commissions au personnel, rémunérations des dirigeants et associés, charges connexes, charges sociales légales, chacune sur sa ligne.

La ligne « Autres postes »

Le formulaire prévoit une ligne d'équilibrage. Elle existe parce que le détail reconstruit ne retombe pas toujours exactement sur le résultat net réel : un compte inhabituel, une subdivision propre au dossier, et l'écart apparaît. Le porter explicitement sur cette ligne vaut infiniment mieux que de le diluer ailleurs. Un écart visible se justifie ; un écart caché dans un poste d'exploitation se découvre en contrôle.

F6004 : tableau des flux de trésorerie

F6004 est court, 27 lignes, et pourtant c'est celui qui pose le plus de difficultés pratiques. Il présente les flux selon la méthode indirecte, en trois blocs :

Le tableau se conclut sur trois lignes qui constituent son propre contrôle : variation de trésorerie, trésorerie à l'ouverture, trésorerie à la clôture. La somme des trois blocs doit tomber exactement sur la différence entre les deux dernières. Si ce n'est pas le cas, c'est le tableau qui est faux, pas la trésorerie.

F6005 : détermination du résultat fiscal

F6005 est d'une autre nature. Il ne décrit pas la situation de l'entreprise : il fait le pont entre le résultat comptable, produit par le référentiel, et le résultat fiscal, sur lequel l'impôt se calcule.

Sa structure est celle d'un enchaînement :

  1. On part du résultat net comptable de l'exercice.
  2. On réintègre les charges comptabilisées que la loi fiscale n'admet pas en déduction.
  3. On déduit les produits non imposables, ceux déjà imposés par ailleurs, et les avantages fiscaux applicables.
  4. On obtient un résultat fiscal, sur lequel s'imputent le cas échéant les déficits antérieurs reportables et certaines déductions plafonnées.
Ce formulaire ne se remplit pas tout seul, et c'est normal

Chaque réintégration et chaque déduction repose sur une qualification au regard des textes applicables à l'exercice, et doit pouvoir être justifiée. Un outil peut reporter le résultat comptable au bon endroit, refaire les additions, contrôler qu'un plafond de déduction n'est pas franchi et signaler une case restée vide. Il ne peut pas décider qu'une charge est déductible. Cette décision reste celle du professionnel qui signe.

La colonne N-1, et pourquoi F6004 réclame un exercice de plus

Tous les formulaires portent une colonne comparative de l'exercice précédent. Pour F6001, F6002 et F6003, elle se construit sans difficulté à partir des soldes d'ouverture de l'exercice déposé, qui sont les soldes de clôture de l'exercice antérieur.

F6004 est différent, et la raison est arithmétique. Un flux n'est pas un solde, c'est une variation entre deux soldes :

ColonneSe calcule à partir deSoldes nécessaires
Exercice NOuverture N → clôture NClôture N-1 et clôture N
Exercice N-1 (comparatif)Ouverture N-1 → clôture N-1Clôture N-2 et clôture N-1

Il faut donc trois jeux de soldes pour remplir les deux colonnes du tableau des flux. Un cabinet qui a produit l'exercice précédent avec le même outil les possède déjà. Pour un client repris d'un confrère, il faut importer l'historique, faute de quoi la colonne comparative reste vide.

Vide plutôt que fausse : c'est le bon comportement. Une colonne de flux calculée sur des soldes d'ouverture inconnus produirait des variations égales aux soldes eux-mêmes, c'est-à-dire des chiffres sans aucun sens qui, eux, passeraient le contrôle de format.

Les montants sont en millimes

Dernier point, technique mais coûteux quand il est négligé. L'unité des fichiers de la liasse est le millime, pas le dinar, et les montants sont des entiers :

MontantDans le fichier
161 453,711 TND161453711
1 200,000 TND1200000
0,500 TND500

Ni espace, ni virgule, ni symbole monétaire. La conséquence pratique concerne les arrondis : si la conversion en millimes intervient trop tard dans la chaîne de calcul, des écarts d'un millime apparaissent sur les totaux, et un bilan qui ne s'équilibre plus à un millime près est rejeté aussi nettement qu'un bilan faux de mille dinars. La règle sûre est de convertir une seule fois, à l'entrée, et de ne plus jamais travailler en décimales ensuite.

Les cinq formulaires, produits depuis la balance ToumiSoft mappe les comptes ligne par ligne et exporte le XML au format attendu, vérifié contre un dépôt réellement accepté par la DGI.
Demander une invitation